Faire de la belle propagande

C.V. Testi, Campo Mussolini (1932). Testi est l'un des futuristes italiens.

Par un samedi matin moche comme seul octobre sait nous les offrir, j’ai terminé la lecture du livre « Iron Fists: Branding the 20th-century totalitatrian state », écrit par Steven Heller et publié aux Phaidon Press (2008) (sur Amazon.ca).

L’auteur analyse l’esthétique de quatre régimes totalitaires du 20e siècle soit, le nazisme, le fascisme italien, le communisme de Lénine et de Staline et le celui de Mao.

Malgré le fait que la propagande soit analysée, l’auteur semble avoir pris soin d’éviter d’aborder le recours à cette dernière aux fins de la stigmatisation ou la discrimination de certaines populations.  Il s’est concentré sur la propagande politique visant à renforcer l’image du chef, du parti ou des idées politiques de ces derniers. Lire la suite

L’homme de six millions.

Raynold Kurzweil.  Le nom vous dit probablement rien, mais ça reste un visionnaire dont le talent inventif est assez troublant.

Cet été, j’ai écouté le documentaire qui lui était dédié: Transcendent man (2009).  On y découvre l’homme, mais aussi sa quête profonde : ressusciter son père et vivre éternellement.

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Point de vue: La justice

Jeune, je suis allé voir la pièce Douze hommes en colère au théâtre.  Grosso modo, douze jury doivent rendre une décision un verdict dans un procès.  Au début, tous sont en faveur d’un verdict de culpabilité, sauf un membre du jury.  La pièce tourne autour des discussions houleuses entre ces citoyens et du changement de leur verdict individuel à mesure que les arguments et les éléments de preuve sont réfutés ou atténués.

12 Angry men (1957)

Puis hier, j’ai piqué une discussion avec un de mes bons amis au sujet du tribunal pénal des jugés du Rwanda.  Il est avocat et travaille du côté de la défense à ce procès.  Était aussi présente une connaissance qui a fait sa maîtrise en criminologie sur les victimes dudit génocide [le mémoire et l’article digeste et plus ou moins exact du Forum de l’UdeM].

Perso, je ne sais rien de ce génocide.  Pas que ça ne m’intéresse pas, j’ai juste jamais pris le temps de lire là-dessus.  Bon, je me souviens d’un jeune aux Amputés de guerre qui a perdu une jambe en raison d’une mine antipersonnelle, mais à part cela, rien.

Ce qui se dégageait de cette discussion, c’est qu’il n’est pas toujours facile d’établir hors de tout doute la responsabilité criminelle des gens et à quel point certains crimes restent parfois impunis car ils furent commis par les victimes – on s’entend, ça reste pourtant un crime!  L’autre chose qui s’en est dégagée, c’est le besoin des victimes pour qu’il y ait réparation ou, à tout le moins, une sincère reconnaissance de l’acte posé.

Et voilà que je rebondis après tout le monde sur la décision du jury dans le procès de Guy Turcotte.  Non.  Je ne me prononcerai pas sur la décision du jury.  Non.  J’ai pas l’intention de défendre corps et âme notre système de justice et patati-et-patata.

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Les grandes solitudes ne font que s’effleurer.

Une collègue m’a fait découvrir le magnifique roman La solitude des nombres premiers de l’auteur italien Paolo Giordano.

Mise en garde.  Les romans, c’est pas trop mon truc.  Je trouve ça souvent « gnagna »; une représentation édulcorée de l’impossible, d’un idéal irréaliste et foncièrement grossier.  Une vie faussement trépidante se situant aux limites de l’imagination de son auteur alors que de vraies personnes en chair et en os vivent des histoires nettement plus trépidantes que ce que tous les auteurs de la terre ne sauraient pondre.  À l’inverse, certains auteurs perdent leur lectorat dans des détails; inutile fardeau pour les yeux, la concentration et le plaisir – Michel Houellebecq en étant la tête de file*.  Ai-je dit qu’un Goncourt était plate? Oui.

Mais voici qu’un auteur rejoint les rangs de ces quelques auteurs de romans qui me plaisent.

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Des espions, des informations et des poisons

J’adore tout ce qui touche au monde du renseignement, de l’espionnage et du secret.

Depuis quelques années, je lis les livres de l’auteur Gordon Thomas.  Ses ouvrages portent exclusivement sur le monde du renseignement secret (MI-5, MI-6, CIA, FBI, Mossad, etc.)  Il cumule plus de cinquante années de métiers, une foule de contacts placés dans le milieu du renseignement, Romancée, son approche permet d’expliquer plus vulgairement les diverses missions menées par ces services de renseignements.  Est-ce que tous les faits sont justes, authentiques et vérifiés?  Peut-être pas, mais ça reste une lecture simple, un exutoire qui fait réver, qui donne le goût d’être un James Bond.

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