Deux lettres et un nombre


Otto Dix - Autoportrait (1922)

… c’est ce que l’on obtient quand on décompose le nom du peintre Otto Dix (i.e. o, t, 10).  J’ai été à l’avant-première de son exposition présentée au Musée des beaux-arts de Montréal à partir de vendredi prochain.  Fascinant.

Il est difficile d’en faire brièvement le tour et, sincèrement, je devrai y retourner pour mieux apprécier l’exposition.  Hier, c’était la foule, c’était bruyant, c’était rapide.  Mais je te recommande tout de même, Chérie, d’y aller.  Si tu aimes Ralph Steadman, tu sauras t’y retrouver.

Portrait du Dr Heinrich Stadelmann (1920)

Otto Dix est de la nouvelle objectivité.  Grosso modo, il considère que les critères du beau et du laid sont des construits qui ne peuvent pas dicter quoi peindre.  Le réel est là, le réel doit être peint comme tel.  Il m’apparaît que ce courant se place, en quelque sorte, en porte-à-faux avec des expressionnistes comme Schiele tout en maintenant une certaine parenté quant vient le temps de présenter des personnes qui paraissent troubler.  Malgré cette objectivité qui est revendiqué par Dix en termes de thèmes et de sujets, il en fait parfois un traitement qui frise la caricature comme c’est le cas avec le Portrait du Dr Heinrich Stadlemann (1920).

L’expo est divisée en sept salles.  La première nous présente ses gravures et dessins créer quelques années après la guerre.  Cette salle m’a rappelée l’exposition les caricatures politiques que Daumier réalisaient.  Dix propose dans ces oeuvres issues de son portfolio Der Krieg (La guerre) des images crues de la guerre: la vie de tranchée, les éclopés, les bordels, les soldats, etc.  L’image m’ayant le plus marquée est Strumtruppe gehr unter Gas vor (Assaut des troupes de choc sous le gaz).

Otto Dix - Assaut des troupes de choc sous les gaz (1924)

Les autres salles présentent la vie telle qu’elle était vécue entre les deux grandes guerres.  Un salle est dédiée au thème du bordel.  On y présente les portraits de femmes désœuvrées et usées par la prostitution. D’ailleurs, certaines de ses aquarelles me rappellent certaines oeuvres de Van Dongen, mais peut-être est-ce uniquement en raison du choix des modèles.  C’est dans cette salle où se trouve le portrait servant à nous attirer à l’expo.

Reclining Woman on Leopard Skin (1927)

Somme toute, une chouette exposition à ne pas manquer.  Je la recommande fortement.  Enfin, le catalogue de l’expo est extrêmement bien fait.

Étrangement, j’en retiens quelques détails étranges: la plupart de ses toiles présentent une dominance du rouge, il a une fixation sur les veines.  Elles sont (presque) toujours peintes avec détail notamment sur sa tempe gauche.  À cet égard, on voit rarement son profil droit.  Détail…


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