Une planète, des hommes et des singes

J’ai enfin écouté le documentaire Project NIM (2011) qui porte sur une expérience visant à étudier l’acquisition du langage chez un chimpanzé au début des années ’70.

Depuis que je suis jeune, j’ai une espèce de fixation sur les films avec des singes.  Non seulement en raison du film Projet X (1987) sur lequel je trippais, mais aussi en raison de la série La Planète des Singes.  Bien sûr, à cette époque, je ne voyais pas toutes les injustices et le contenu fortement raciste véhiculé par les premières versions de cette série.  D’ailleurs, j’ai écouté le dernier de la série, Rise of the planet of the Apes (2011) et j’ai tout aussi adoré.

En passant…

En fait, j’ai écouté Project NIM après Rise of the planet of the apes.  Ce qui m’a frappé entre les deux films est la frontière ténue qui peut exister entre la réalité et la fiction.  Beaucoup des éléments qui paraissent fictifs sont réels dans le documentaire sur Nim – le nom du chimpanzé entraîné à parler le langage signé.  L’élément principal étant le niveau de langage assez complexe atteint par Nim.  Non seulement reprenait-il les signes enseignés, mais il créa aussi les siens.

Les deux films mettent de l’avant la proximité des comportements animaux à ceux des humains.  Ici, je ne fais pas référence à la consommation de cannabis par Nim – oui! oui! Nim appréciait fumer un joint de pot ou de hasch de temps en temps et l’indiquait clairement aux assistants de recherche par la phrase: « Smoke, Stone, Nim » – mais la façon selon laquelle ils sont élevés, ils apprennent le langage signé et qu’ils interagissent avec l’humain.  Nim, comme César dans la planète des singes, est élevé par des humains dès sa naissance.  La mère (humaine) à laquelle il est confié va jusqu’à l’allaiter!

Herbert Terrace, le chercheur principal, Nim et sa mère par substitution, Stephanie LaFarge

À cet égard, les deux singes se ressemblent aussi au niveau de leur trajectoire de vie.  À un certain point, vers cinq ans, ils ne peuvent plus vivre en proximité directe avec les humains en raison de leur trop grande force musculaire.  À titre informatif, un chimpanzé adulte possède une force musculaire cinq à six fois supérieure à celle d’un homme adulte de bonne consistance… Ils sont alors dirigés vers une pension pour primates qui n’a rien pour leur plaire.  Les deux chimpanzés détestent fortement cet environnement et le signalent clairement à leurs gardiens.  Comme le dit l’une des premières assistante de recherche ayant travaillé avec Nim et ayant été victime de ses assauts, on ne devrait pas apprendre à un animal à vivre comme un humain et avec les humains s’il est susceptible de nous tuer quand il est contrarié.  Une scène dans Nim est assez troublante à cet égard…

Pour ma part, le seul humain qui semble avoir bien compris Nim est Bill, son gardien poteux.  Sérieux, ça semble le seul qui n’a pas subi les affres et la terreur de Nim.  Portant, il lui donne des coups de pieds (pour jouer), se bat avec, et fume des joints avec Nim…  Peut-être qu’une leçon qui dépasse les relations humain-chimpanzé serait appropriée?

En conclusion, je dirais que les deux films posent implicitement la question du niveau de conscience que nous accordons aux primates et autres animaux.  En ce sens, la réflexion implicite portée par ces films me rappellent celle soutenue par Vercors dans son ouvrage Les animaux dénaturés (1952).  Pour répondre à la question de ce qui distingue le primate de l’homme, il faut inévitablement répondre à celle de ce qu’est l’homme.  Les deux films font bien ressortir que l’intérêt personnel et la quête de reconnaissance par ses pairs caractérisent l’homme.  Par exemple, le documentaire sur Nim fait ressortir la dimension hiérarchique des rapports humains et la place du pouvoir au même titre que chez l’animal.  Sans vendre de punch, je vous recommande de porter une attention particulière aux rapports entretenus entre les assistantes de recherche et le chercheur principal de l’étude.  Elles ont, pour la plupart, été ses concubines et il possède un pouvoir absolu sur les autres hommes, etc.  Tous ceux interviewés le verbalisent.  Comme le disait mon grand-père et mon père:  l’homme est parfois semblable à la bête, et parfois pire.

ADDENDA – Le film est difficile à regarder par moment car il expose toute la cruauté psychologique qu’est capable d’imposer l’homme à l’animal.  Toutefois, il nous porte à réfléchir sur l’impact que l’on laisse sur la vie d’un animal et l’importance de bien les traiter.

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