De la capacité de s’adapter.

En réaction au l’article de La Presse sur les accommodements en milieu universitaire paru le 27 novembre 2017 (URL).
Mes parents m’ont peut-être élevé à la dure, mais ma mère disait tout le temps aux diverses instances scolaires: Mon fils n’ira pas dans une école pour personnes handicapées parce que je veux qu’il aille à l’université et ça n’existe pas une université pour personnes handicapées.
 
Pour ma part, j’ai jamais demandé d’accommodements (sauf une exemption en raison de ma condition cardiaque et mon handicap pour les cours d’activité physique qui étaient remplacés par d’autres cours) ou que le milieu s’ajuste à mon handicap et pourtant, j’avais des travaux pratiques en labo à l’université. J’aurais pu. Peut-être aurais-je dû, mais c’est plutôt l’inverse que j’ai fait: je me suis accommodé (même aux bureaux pas d’allure du pavillon de l’aménagement où je peinais à prendre des notes) et je me suis ajusté au milieu.
 
La capacité de s’adapter est fondamentale quand tu vis avec un handicap. Ça demande des efforts, des stratégies, des tactiques, de la planification, des deuils (je ne jouerai pas du violon… bon, j’ai jamais voulu jouer du violon, mais ça pourrait être un deuil à faire) et de l’évitement (des fois…), mais c’est possible.
 
J’entends souvent parlé à l’UdeM de ces situations d’accommodements qui posent de grands problèmes logistiques et engendrent des coûts élevés pour l’institution (p. ex. avoir un surveillant d’examen pour un étudiant dans un local distinct). Ces demandes me confrontent. Je me questionne à savoir si le rapport n’est pas inversé maintenant: est-ce la personne développe sa capacité de s’adapter en l’accommodant ou laisse-t-elle le milieu prendre en charge de s’adapter? Est-ce que ces accommodements servent vraiment la personne et l’aide réellement à développer son plein potentiel? Favorise-t-on avec ces accommodements une forme de paresse chez certaines personnes en situation de handicap? Ces accommodements seront-ils possibles au-delà des études (i.e. lorsque la personne sera sur le marché du travail)?
 
Et là, je ne parle pas d’avoir recours à des interprètes, à rendre accessibles les locaux, à aider la prise de note, à utiliser des outils, etc.
 
Un moment donné, le discours à l’effet que handicap ou pas tu peux toute faire… ça me gosse. Ça me gosse parce que c’est de l’optimiste déplacé. Dans la vie, handicap ou pas, tu fais ce dans quoi tu excelles. Comme ma mère avait déjà dit dans un séminaire des amputés de guerre alors que certains parents cherchaient par tous les moyens que leur enfant joue au hockey ou au piano: « Moi, j’ai toujours eu un piano chez-moi. Mes parents voulaient que j’en joue et j’ai jamais appris alors que j’ai mes dix doigts. Mon gars, il sait qu’il ne sera pas bon en hockey, facque il a décidé de faire autre chose. » (ou quelque chose de même…)
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s